La peur, la peur, petit chasseur - Iris alba
La peur, la peur, petit chasseur
La peur, la peur, petit chasseur



Que reste-t-il dans un monde dévasté, évidé de la chair et des hommes ?
Du noir.
Nous y errons tels des Perceval inquiets, sans plus même de questions à poser. Que reste-t-il aux hommes quand il ne reste plus d’hommes ?
La peur.
La peur, la peur, petit chasseur.
La peur du noir, du silence et du temps qui n’en finit pas de passer.
Nous tâchons de donner un fragile témoignage de ce monde gaste que nous avons forcément connu, au moins une fois, dans notre enfance.
Un monde des légendes, des monstres cachés sous un lit ou dans un coin d’armoires. Un monde fascinant où nous sommes la proie et où notre chasseur n’a pas de visage.
Un monde qui se présente toujours pourtant devant nous, et qui se tiendra toujours à quelques encablures de nous, le chasseur prêt à bondir sur nous.
Dans ce monde hors de l’histoire, luisent encore quelques vacillantes et étranges lumières. Fées électriques ou reines de cire, elles sont les gardiennes et les passeuses du noir et des ténèbres. Perceval marche dans la nuit, suivant l’éclat de ces lampes merveilleuses. Mais Perceval se trompe peut-être, car les chimériques lumières sont les maîtresses du sombre, ses amantes complices. En leur centre vit une nuit plus épaisse que la nuit que nous connaissons, plus dangereuse que l’ancien monde. Elles sont les chasseuses vigilantes, qui rôdent et taraudent l’âme des hommes privés de leur chair.
Elles veillent sur nous, leurs proies apeurées et fascinées.
La peur, la peur, petit chasseur.
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