Les Vigilantes - Iris alba
     
Les Vigilantes
Les vigilantes.


« Nos filles nous trahiront éternellement pour un souvenir de porcelaine, de celluloïd et de chiffon. » (Salah Stétié)


De cire, de chiffon, de porcelaine.
Étranges créatures sont les vigilantes.
Qui se cachent et attendent, guettent et veillent. Étranges, patientes, bienveillantes.
Dans les fonds d’armoires, les greniers ancêtres, les niches de brocanteurs.
La poussière les maquille, le temps les habille de ses étoffes.
Dans leurs mines impassibles se lit l’affection de l’enfant qui les a serrées, des lustres et des lustres durant.
Étranges donc, ces reliquats de passions archéologiques, ces traces de paroles balbutiées, de tendresses étouffées dans des poitrines disparues bien avant elles.
Étranges et effrayantes aussi, car c’est notre disparition qui se reflète sur leurs peaux de porcelaine, notre fragilité qui se lit dans les petites billes peintes de leurs yeux.

Les vigilantes gardent comme un secret un souvenir que plus personne ne possède : Jean-Luc, Anne-Laure, Marie sont leurs noms, ces petites mémoires de ma propre généalogie.
Ces vestiges miniatures, si bouleversants, j’en ai voulu saisir les regards sans profondeur, les reflets fugaces, à la seule lueur des bougies, avant la nuit obscure.
Avant que la lumière s’éteigne et que les vigilantes retournent à leur garde, à leur veille.
Avant que « la résistance ressuscite ».
Top